Une femme en colère

Sous ma carapace, derrière mes airs d’ourse mal léchée, je suis une fleur des champs.Fragile et gracile, oscillant au gré du vent… Je suis un monstre de sensibilité.Les gens s’en foutent, ils me voient forte, indestructible, ça les arrange… Ils me bousculent, me piétinent, je ne sens rien, pourquoi s’en priver ? Eh bien ça va changer. La fleur des champs a la parole et elle en a marre, marre de rester digne,  marre de la pudeur des sentiments,  elle en a plein le cul la fleur ! Moi aussi je veux exister, me rouler par terre dès que j’en ai envie, être enfin moi-même : une petite boule de morve et d’agressivité ! C’est mon droit! J’ai mal. Ha! Comme j’ai mal… Comme je souffre ! Pourquoi ? Pourquoi j’ai si mal ? Là ! Et là ! Partout ! Moi qui ai-t-horreur de souffrir… Et qui ai si mal ! Ha! Comme c’est injuste‚ comme c’est dégueulasse ! Je vais pas me laisser faire bande d’enculés ! Mollards‚ connasse ! Je vais te faire bouffer ta merde ! Sale pute, j’vais t’éclater la gueule à coups de marteau! Seulement voilà, je suis spéciale, un peu à part‚ un peu moins con que la moyenne, peut-être. Et alors ? Ça aussi ça peut changer, tout le monde y arrive, pourquoi pas moi ? Etre un peu plus con, c’est pas la mer à boire ! Il suffit de se bouger le cul. Faire un stage, un apprentissage, une formation, rencontrer des cons et leur parler.

Devenir comme eux, mais en mieux, encore plus con. Je ne supporte pas la médiocrité.