Le commissaire M

Je suis la Commissaire M. pour des raisons d’anonymat. J’étais bien connue sous le nom de … Commissaire. J’en ai résolues des  enquêtes ! Discrètement, sans en faire des caisses ! S’agiter, à droite, à gauche, embêter tout le monde, prendre des empreintes, très peu pour moi. Je ne suis presque jamais sortie de mon bureau, réduisant les frais du contribuable au maximum en ne me servant que de … ça ! Elle montre son front avec son index. Tout est important dans une enquête, le moindre fait peut devenir un indice, le moindre petit détail ! Pour qui sait lire entre les lignes, comme moi … Eh bien tout fait sens !

Eh oui, tout fait sens. Touffe-Essence. J’ai appelé cette méthode de déduction la touffaissance. Il s’agit de pousser des indices, même insignifiants, aux extrêmes limites de leurs capacités, par la seule force du raisonnement. Je me souviens de cette enquête, un meurtre horrible, beaucoup de sang, des traces, un peu partout, qui se dirigeaient vers le parking, un couteau par terre, avec des billets et un téléphone portable …

Voyez-vous, ce qui m’a frappée, c’est le fait que deux des victimes avaient le même après-shampooing. Il fallait tout d’abord connaître le lien existant entre ces deux personnes.

On finit par découvrir qu’elles étaient sœurs. Que peut-on savoir d’une femme qui utilise un après-shampooing de marque connue, au prix moyen, et dont l’action est  anti-regraissante ? Qu’elle a un pouvoir d’achat moyen et qu’elle se soucie de son apparence. Notamment de ses cheveux. C’est une personne qui a un rôle social à jouer sans pour autant se distinguer. Ce qui nous amène à nous demander, que savons-nous vraiment ?

Eh bien, nous savons que nous ne savons pas, et c’est déjà beaucoup.