être de celleux

Clotilde Salmon dit avoir toujours aimé l’art contemporain. Mais elle apprécie aussi les drogues dures et repousser les limites de la cognition en écoutant Michel Sardou, par exemple. « J’ai toujours recherché les sensations fortes », précise-t-elle. Elle commence très jeune : « dès l’âge de quatre ans, je me rends en Angleterre chez des amis de mes parents qui m’achètent une série de trois dessins Mon père, ma mère et un poney (collection privée) et la revendent aussitôt à d’autres amis de mes parents, faisant ainsi grimper ma cote. » À dix-huit ans elle réalise son premier grand coup : elle conceptualise les fameuses guêtres en soie pour perroquets. Sa grand-mère, directrice de la fondation Parrot freedom, lance l’opération « Réchauffons les perroquets » et lui commande 10 000 guêtres en soie. Cette expérience inspirera la performance De droite mais sympa (collection FRAC Strasbourg). Elle suit des études d’économie et grâce à la spéculation immobilière acquiert un centre commercial sinistré dans lequel elle réalise 17 morts d’Anne Commode (collection Bernard Commode). Clotilde Salmon déborde de projets. Dernier en date : l’achat d’un garde-meuble inclusif qu’elle envisage de convertir en poney-club échangiste. « Je veux, se plaît-elle à dire, être de celleux qui créent l’avenir. »

Entretien avec Matali Marraute pour Le journal du Moi.