Ils ont rendu les adolescents myopes et addicts, leurs parents et grands-parents fragilisés lombairement et addicts. On passe plus de temps à cliquer, à scroller, qu’à se parler. Le nombre d’individus passant Noël seul-es, devant la vitrine sociale de quasi-inconnus, qui souffrent en silence devant des photos d’enfants heureux, de mamies souriantes et de parents détendus, n’a jamais été aussi élevés. Leur souffrance est telle qu’iels vont parfois jusqu’à prétendre prendre plaisir à leur solitude. Quelle tristesse ! Que pouvons-nous faire collectivement, pour alléger la souffrance morale de ces êtres abandonnés ? C’est la question que s’est posée notre groupe de parole, « Être ensemble, vraiment ». La réponse du cœur est de se relayer pour ne plus jamais les laisser en tête à tête avec elleux-même, passer les voir, leur parler de tout et de rien, du prix du pain, du temps qu’il fait, du temps qui passe, du bon vieux temps, c’est bon d’être en groupe.
Mais les infréquenté.es ne sont pas toujours commodes, c’est une des raisons de leur isolement. La solitude est une gêne, voire une honte sociale, beaucoup de personnes se défendent d’être délaissées, s’inventent une vie sociale, des activités, des passions ou des emplois imaginaires, la lecture, l’écriture, les arts plastiques, la recherche, la sieste ou l’addiction pour qu’on les laisse tranquilles, ne vous laissez pas abuser ! Nous appelons à la plus grande vigilance, ouvrez l’œil dans votre quartier, votre immeuble ou votre lotissement, à votre travail, au supermarché. Rapprochez-vous des personnes qui vous semblent manifestement solitaires et entrez en contact. Il suffit de leur faire connaître l’existence d’ « Être ensemble, vraiment » en leur communiquant l’adresse de notre site internet, etreensemblevraiment.com ; ou mieux, s’ils paraissent trop esseulés, c’est-à-dire trop réfractaires pour faire la démarche eux-mêmes, suivez-les et envoyez-nous leur adresse, nous passerons les voir à domicile pour les réconforter.
Pour que la solitude cesse de s’étendre sur la ville, se nourrissant des âmes malades de femmes et d’hommes de tous âges, nous en appelons à votre responsabilité civile. Vous qui avez la chance d’avoir une famille, des amis, vous qui n’êtes jamais seul.e.s plus d’une seconde, signalez-nous toustes les infréquenté.es, pauvres échappé.e.s du troupeau, et de gré ou de force, tendez-leur la main !