On le sait peu, la pollution sonore est la plus nocive pour le système nerveux et pourtant la plus répandue des nuisances. Nous vivons dans le bruit permanent, omniprésent, dans un monde où le silence n’existera bientôt plus. On protège –certes assez mal- les espèces menacées, mais qui protège le silence ? Personne.
Où qu’on aille, l’atmosphère est saturée de commentaires sonores qui font reculer le silence toujours un peu plus. Le moindre recoin est occupé, même dans les salles d’aisance, dans l’écho des tuyaux on l’entend encore s’effriter sous les assauts des considérations. « C’est top, il est top ce canapé », « je l’emmerde », « c’est vraiment intéressant en vrai ». Les pollueurs sonores sont partout, criminels qui s’ignorent, assassinant le silence en toute impunité. Non seulement leurs voix acides comme une marée noire salissent le silence, mais ils l’engluent à tout jamais en l’empêchant de se régénérer ; car ils ne lui laissent aucun répit.
À force de détruire cette richesse indescriptible, ils n’y sont plus habitués. Le silence leur fait peur. C’est pourquoi il est en voie d’extinction, sa fin n’a jamais été aussi proche. On lui accorde une minute, de loin en loin, quand un attentat ou un génocide se produit mais même ces circonstances tragiques n’ont plus grâce aux yeux des pollueurs. Ils ne sont plus capables de retenir leur envie de beugler plus d’une minute, trop impatients de se soulager en commentant. Les paroles envahissent le monde comme des sexes malades, violant le silence huit milliards de fois par jour.
J’en appelle à Madame la ministre de la Santé Publique, ainsi qu’à l’OMS : l’unique issue, la seule possible, c’est l’ablation définitive et mondialisée de toutes les cordes vocales. Pour soutenir le Comité de Défense Active du Silence, signez !