Je suis une star internationale. Je suis une star… Internationale… Une star… Une star internationale… L’amour… Je l’ai connu tant de fois à l’écran. « Vous m’aimez, n’est-ce pas Jason ? C’est pour cela que vous partez à la guerre… Qui prendra soin du jardin à présent ?» An English garden,1953. J’étais Dorothy, la petite bonne passionnée atteinte du choléra. Puis je suis Fanny, dans Lèpre et cotillons, entraîneuse dans un bar durant l’inquisition. Bien que lépreuse, je me donne à fond à mon travail et j’épouse le gouverneur. J’étais émue en permanence, je le suis toujours d’ailleurs. Mais aujourd’hui… aujourd’hui je suis fatiguée… fatiguée…
Devenir une icône, devenir Ophélie dans Ophélie déménage, changer sans cesse de domicile, parcourir la France… Portant mes cartons, épluchant les annonces… montant les escaliers, sans cesse et sans repos… Tout cela m’a épuisée. Je pensais me reposer dans la peau de Babette, l’héroïne de Sombre fourrure, universitaire Suisse à la retraite je découvre que je ne suis pas frigide mais simplement zoophile… S’ensuit une quête existentielle doublée d’une passion charnelle avec un chat persan… C’était profond et intense… Mais quelque chose s’est brisé, je n’y crois plus… Je sens qu’il ne me reste qu’un an…ou deux… à vivre… Peut-être trois… ou dix… peu importe.
J’ai toujours rêvé de mourir aux sports d’hiver… M’étendre dans la neige… Sur une piste… Les skieurs frôlant mon visage… À toute vitesse… Zip…Ziip… Zip… zip…zip…
J’attends ma Destinée, le dernier trou, la dernière prise, à Tignes ou à Courchevel, un châlet confortable, une raclette…peut-être…
Pour mourir comme j’ai toujours vécu… en beauté.