
2024, un striptease de visages au Fringe d’Edimbourg
Avec Camille Fuger, au C Alto. Photo : Cheung Chi Wai
Détourner les codes du strip-tease
Pour établir le classement des plus belles femmes du monde, pubié en 2022, le Dr Julian De Silva, du Centre For Advanced Facial Cosmetic and Plastic Surgery à Londres, a utilisé le nombre d’or. Ce contrôle des corps féminins déguisée en découverte scientifique m’a donné envie de détourner les codes du strip-tease, de cacher ce qui est habituellement exposé (le visage) pour en faire un objet conceptuel de désir.

Cette performance met en scène une créature dont le corps-costume permet de placer et déplacer des seins, vulve, en tissus, envoyant un peu plus les normes esthétiques appliquées aux corps des femmes dans le royaume de l’étrange. Elle enlève lascivement ses intrigants ou effrayants visages en tissus, au rythme d’une bande vidéo. Projetée sur la créature, elle décline le portrait des cinq plus belles femmes du monde établi sur deux critères : la célébrité et la symétrie du visage.


Un texte enregistré en français établi un protocole de ce qui rend une femme belle ou laide et comment se comporter en fonction. Il est traduit en direct en anglais par une hôtesse de l’air masquée.
Lire le texte More Than Nude

L’ensemble de la performance est éclairé de manière quasi autonome, par la projection, une guirlande lumineuse, des éclairages led pour vélo.
Dans ma mémoire personnelle, l’apparition de la première femme de salon, décorative et portative est symbolisée par la playmate du Collaro Show, une émission de télévision de mouvance berlusconienne à la française, dans laquelle une stripteaseuse interchangeable, présentée comme séduisante et amusante se dévêtissait tous les samedi soir devant Stéphane Collaro et ses amis. C’était un programme de divertissement familial, diffusé à l’heure du dîner.
J’ai donc détourné la musique de la Playmate (J. Shultheiss, 1982) en la ralentissant, pour l’ajouter à ce striptease de visages bilingue.