Auteur : Clotilde

  • (C)rêve! Intention de mise en scène

    (C) rêve ! s’inspire librement du fonctionnement encore mystérieux de notre cerveau quand il rêve pour inventer la dramaturgie de sa performance dont le credo est : détournement. Tandis que notre cerveau transforme des événements faits d’images, sensations, émotions etc. pour sa filmographie, (C)rêve ! (re)traduit de manière performative, musicale/sonore, plastique, des textes, des images et des sons, afin de créer des tableaux vivants, sonores, mouvants. On y retrouve l’inquiétante étrangeté chère au Groupe Performatif Famapoil, enrichie des collisions organiques du musicien HBT.

    (C)rêve ! surfe sur les codes du rêve, cet accord tacite disant que tout est possible tant qu’on est dans l’ambiance. Nous nous proposons de tirer sur la corde, de pousser le bouchon, en infléchissant le sens de nos propositions, sou- vent jusqu’à l’absurde. Le public devient accessoire puis protagoniste, on dynamite le décor, la lumière se rallume, puis s’éteint, le rêve subsiste. C’est pourquoi l’immersion doit être totale : visuelle, musicale, vivante. Elle associe à ces codes de jeu ceux de l’art contemporain, symbolisation, référence, déconstruction.

    Chaque texte choisi dans le répertoire du Groupe Performatif Famapoil (monologue, pétition surréaliste, texte poétique) est associé à un cadre performatif. Les diaporamas de l’inconscient, projetés sur un écran surplombant le décor, sont des images générées par des moteurs de recherche à partir de mots-clés extraits de ces textes puis redessinées par Clotilde Salmon. En référence à ce code particulier au rêve (Il avait l’apparence de quelqu’un d’autre mais je savais que c’était untel), le public est étiqueté dès son arrivée dans la salle, aux noms de célébrités ou d’inconnu.e.s. Il est ainsi intégré au rêve et peut devenir partie prenante de la performance le moment venu.

    Tous·tes les performeu·r·ses sont en costume et présent·es sur le plateau durant toute la durée de la performance. Le musicien est aussi performeur et joue parfois avec des objets sonorisés. Elles/il sont attaché·es à trois zones de micro fictions pensées comme des installations. Faites d’objets et de matériaux détournés, façon Arte Povera, elles donnent une impression de survivalisme créatif.

    L’accent sera mis sur les expressions et les corps en mouvement, au travail. Bien plus qu’une illustration du langage, des propositions plastiques, scéniques, musicales, écloront en interdépendance, en correspondance et parfois en disjonction, dans une unité d’espace et dans ce temps privilégié qui est celui de la représentation.

  • (C)rêve! Synopsis

    Tableau I : QU’Y A-T-IL A COMPRENDRE ?

    Le même texte, Parler d’Art, est rêvé trois fois : en playback aux toilettes, en version bruitiste, puis concert de camping.

    Tableau II:  WHAT CAN A BODY DO ?

    Défécation performative et torsions sonores d’une pétition contre la domination des institutions et du sérail de l’art contemporain.

    Tableau III : SELON VOUS, QU’APPORTE L’ART A CE DEBAT ?

    Juxtaposition de monologues patron/employé.e, disruption musicale.

    Tableau IV : MAIS L’ARTISTE AUJOURD’HUI PEUT-IL APPORTER UNE RÉPONSE ?

    Pour en finir avec la crise écologique et la dépression mondiale, couplons notre ADN avec celui des oiseaux et volons de nos propres ailes.

    Tableau V : QUE FAIRE DE NOS MOTS ? (ENTRACTE)

    La lumière se rallume, La Créature Nue sélectionne des personnages dans le public et Himma-Gina les installe sur scène. Elles leur posent ensuite des questions trouvées dans Art Press.

    Tableau VI : COMMENT RÉSONNE AUJOURD’HUI CE PREMIER GESTE CRÉATEUR ?

    Le public resté sur scène participe à l’accouchement d’un corps-costume. Le costume accouche d’un bébé en plastique.

    Tableau VII : LE VÉRITABLE SCANDALE NE RÉSIDE-T-IL PAS DU RÉEL DANS LA FICTION ?

    Dos à la salle, les trois personnages et le public présent sur scène regardent défiler dix portraits de femmes artistes, en silence.

    Tableau VIII : QUE SIGNIFIENT CES RETOURNEMENTS ET CES VIDES ?

    Himma-Gina et La créature nue se font des passes avec le bébé sur le texte « La maternité ». 

    Tableau IX : PAS DE MÉTAPHYSIQUE SANS PHYSIQUE ?

    Dynamitage du décor.

    Tableau X : DERRIÈRE CE MASQUE UN AUTRE MASQUE. JE N’EN FINIRAI PAS DE SOULEVER TOUS CES VISAGES (Claude Cahun).
    Sur le texte poétique On est si beaux, les trois personnages et le public rangent leur bordel.

  • Je refuse

    Je refuse

    Avant je comptais sur l’Amour pour me sauver du troupeau.

    En tant que personne exceptionnelle, je devais trouver un Amour exceptionnel. J’attendais celui ou celle qui saurait me reconnaître dans la foule, qui verrait mon aura et la couleur particulière de mes yeux je rêvais pendant des heures en traînassant dans les galeries marchandes. Je me cachais dans les rayons, caressant du bout des doigts des paquets de céréales, des calendriers ou des couvre-lits, en pensant à toi.

    J’ai attendu, attendu, changé de rayon, cherché dans les parkings…Personne n’est venu. J’ai fini par croire cette rumeur d’Orléans, assourdissante dans la cour de récréation : le Père Noël n’existe pas, c’est tes parents qui achètent les cadeaux, l’Amour Ultime est un mensonge, tu n’es l’Élue de personne, c’est la télévision qui vend des histoires pour te faire acheter un plus grand canapé et des plats préparés, pauvre crétine ! J’ai couru, en criant qu’on m’avait menti, j’ai frappé des gens qui riaient, spécialement les femmes qui se croyaient plus malines, et des enfants avec des têtes de fouines, j’ai poussé des garçons de café, craché sur leurs gueules de flics, pendant ma pause déjeuner.

    Après je ne sais plus, j’ai grandi, je suppose. Je suis peu à peu devenue une personne ordinaire, avec des attentes raisonnables.   

    Je me sens apaisée. Je refuse d’être une loque. Fini de chercher mon reflet dans les yeux d’inconnus, pour me prouver que j’existe, attendre l’amour sur un air de chaises musicales… De jouer la comédie de la servilité, est-ce que j’ai été assez sympa, est-ce que j’ai assez souri ? Je n’ai peut-être pas ri assez fort ? J’étais  d’accord sur tout, mais pas tout le temps, pour faire croire que j’ai une opinion…Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre ? De tes malheurs, de tes envies, de tes amis et de ta mère ? Ton plat préféré, ton animal fétiche, ton livre de chevet, ton meilleur souvenir et ta comptabilité, je leur pisse à la raie.

    Je refuse de chercher mon reflet dans les yeux d’inconnus, pour me prouver que j’existe,

    De taper du pied sur un air de chaises musicales,

    De faire la queue en attendant l’amour

    De me répandre dans un corps étranger, qui me notera et me demandera des comptes

    De miser sur la servilité, est-ce que j’ai été assez sympa, est-ce que j’ai assez souri ?

    Je n’ai peut-être pas ri assez fort ?

    J’étais d’accord sur tout, mais pas tout le temps, pour faire croire que j’ai une opinion…

    Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre ?

    Ma couleur préférée, mon plat favori, mon animal de compagnie, mon voyage le plus réussi, le hobby qui me définit, mon film fétiche et mes souvenirs d’enfance, je leur pisse à la raie.

    Je refuse d’être une loque, je voudrais vivre ma vie.  

    Tes malheurs, tes envies, tes amis et ta mère, ton plat préféré, ton animal fétiche, ton livre de chevet, ton meilleur souvenir et ta comptabilité, tu peux te les garder. Je n’ai pas besoin de tout ce fatras, je veux simplement me réaliser, accomplir quelque chose. Je n’ai même pas vraiment besoin du couple. Ce qu’il me faudrait avant tout, c’est un enfant.

  • Poème étrusque (Etruscan poesia)

    Poème étrusque (Etruscan poesia)

    Un chant souterrain résonne dans nos veines. Enlacez-vous !

    Intrecciate-vi !

    Une caresse minérale sans âge nous réveille d’un même élan.

    A timeless mineral caress wakes us with a shared impulse.

    La sua dolcezza infinita susurra

    Eat of the light.

    Sa douceur infinie murmure

    Nourrissez-vous de lumière.

  • MORE THAN NUDE (English version)

    MORE THAN NUDE (English version)

    How beautiful is a woman who is angry

    How beautiful How beautiful is a woman who is crying

    is a woman who sleeps, abandoned, given away.

    Is it very very very beautiful when a woman cries in anger in her sleep? Yes.

    It’s ugly when a woman smokes

    It’s ugly when a woman swears

    It’s ugly when a woman drinks

    Is a woman who smokes while crying, OK ? Yes.

    But if she also says you rotten son of a sack of shit, I’ll make you eat your coward’s teeth out of your arse ? Smoking a cigar? The cigar cancels everything, the beauty of feminine anger and the innocence of a woman’s tears, cigars are for bears.

    I want a perfect soul, I want a perfect body.

    Good for you. Women need perfection, while the rest of the world works easily with charm.

    A naked woman is beautiful. Show yourself naked whenever the temperature permits, whenever you want to make a good impression and charm an audience.

    A submissive woman is beautiful. It doesn’t have to be. But it’s more pleasant, that’s for sure.

    A woman with a symmetrical face is beautiful. Because it is inhabited by the golden ratio and gold is expensive, therefore beautiful, everything that’s beautiful is expensive, that’s how it is.

    There are around 3 models of facial symmetry in the Caucasian sub-oceanic world. It’s not much, but this certification of beauty allows us to standardize it and save time on pointless procrastination.

    Is this woman beautiful? Yes ? No ? We measure her face and she has her answer immediately, she can leave with her head held high, proud of her beauty, perhaps show herself naked to be friendly and sympathetic and celebrate this good news. If she’s not beautiful, she knows it too and can adapt her behavior accordingly, standing back a little more, tilting her head slightly, as a sign of attentiveness and availability. Eventually show herself naked as a sign of good will and smiling as often as possible.

    It’s beautiful when a woman smiles, it shows she’s always in a good mood.Whatever the circumstances. But be careful! in the event of death of a loved-one or hostage-taking, the smile should be an inner one, visible in the eyes, or cheekbones, for example.She can show herself naked to nuance her inner smile while at the same time lightening the mood so that relations can flow more smoothly.

    It’s ugly when a woman blocks an old friend on her email or social networks, letting herself be guided by resentment, rancor and fear – feelings that throw the symmetry of the face, not to mention the soul, out of balance.

    It’s beautiful, a self-sacrificing woman who forgives in all circumstances. Not everyone has her wisdom or her greatness of spirit, but she understands this perfectly well and doesn’t make a big deal out of it – she forgives, smiles and moves on.

    It’s ugly when a woman stoops to make derogatory or sarcastic comments in order to make a former friend or partner, a colleague, a superior or a sworn officer look bad, or worse, ridiculed.

    A woman dancing, lasciviously, is beautiful because she is in communion with higher beings, thanks to the rotations of her uterus. If she’s naked, it’s even better, for all the reasons mentioned above. she can smile too, while closing her eyes and sleeping, offered, abandoned. Careful not to hurt herself, many called but few chosen for this exceptional aesthetic performance a few tears will also be welcome, as will furtive clenching of fists, as a sign of restrained anger.

  • ON EST SI BEAUX

    ON EST SI BEAUX

    On est si beaux
    Tout est si bien
    On se tient tous par la main
    Pourtant
    No touching
    Éphémères mais tellement présents, on est là… Tout au bord de quelque chose de délicieux
    On est si beaux
    Tout va si bien
    Est-ce une remise au Monde ?
    Nous étions-nous perdus/retirés/confisqués ?
    Bien loin de l’élastique du Destin et de sa ceinture de feu…
    On est si beaux
    Tout nous transperce
    Avec volupté́ en avaler des kilomètres
    Mais on reste immobiles l’estomac vide
    Tout est si bien comme ça
    On est si bons pour nous-mêmes
    Si justes
    Pétrifiés de bonheur
    Tout est blanc, presque aveuglant
    Est-ce la plage ?
    Paradis slash Communautaire slash Ultime                                                                         
    Sommes-nous amants tantriques ? Fratrie périphérique ? Qui s’en soucie ? Personne.
    Un même élan nous mélange
    Nous sommes un peuple, une forme, inconnue et verticale.
    Une alchimie étrange
    Coule/monte/brûle
    Débandade à l’horizon
    Des globules, des vaisseaux … Des cellules ? Ça fout le camp.
    Panique en suspens
    On est une équipe, merde, même plus qu’une équipe, un tout
    Résonne
    Des collègues de bureau
    Murmure
    Des acolytes de passage
    Des mains s’écartent
    Des genoux filent
    Des apnées se créent
    Quelqu’un essaie de se laver les mains.
    Est-ce qu’on va sauter ? Est-ce qu’on va y aller ? Le grand saut
    Est-ce qu’on va se mouiller pour nos idées ? L’ouvrir bien grande et se mettre à voler ?    Est-ce qu’on va ? Le moral au bord des lèvres
    Un cri mou

    Je tombe.

  • POUR SAUVER LA PLANÈTE EN VOLANT

    POUR SAUVER LA PLANÈTE EN VOLANT

    Burn-out, dépression, souffrance au travail, l’angoisse de l’humanité grandit chaque jour un peu plus. Le gavage médicamenteux, s’il enrichit les laboratoires et instaure une paix sociale toute relative, n’est pas une solution pérenne.  De nombreuses études montrent que les gavés, apathiques, n’ont plus la force de consommer et finissent par développer des cancers, aux frais de la sécurité sociale déjà moribonde. Quant à la lobotomie, malgré son moindre coût et des résultats satisfaisants chez les plus de 80 ans, elle s’avère plus que décevante dans tous les autres cas.

    Qu’attendons-nous pour réintroduire le bien-être dans notre société en offrant à l’humain ce dont il rêve depuis l’aube de son existence : le pouvoir de voler.

    Des chercheurs américains indépendants basés au Honduras, ont démontré que nous sommes maintenant capables de coupler notre ADN avec celui des oiseaux. En adaptant notre alimentation, réduite de moitié, nous serions capables de nous soulever et de voler de nos propres ailes. Il n’existe pas de sensation plus apaisante que celle de planer dans le vent, contemplant le monde de haut. Avez-vous déjà entendu parler d’une mouette faisant une dépression ? Non, évidemment.

    Cette nouvelle faculté nous permettrait d’abaisser le nombre de voiture de 70 %, voire à terme de supprimer les avions, réduisant ainsi nos émissions de gaz à effets de serre à peau de chagrin. En divisant par deux nos besoins alimentaires nous éradiquerions le problème de l’agriculture intensive et la pollution mortifère qui en découle.

    J’adresse de toute urgence cette pétition à mesdames et messieurs les ministres de la Santé, de la Recherche de l’Innovation et des Sciences, et de la transition écologique et solidaire pour que tous les moyens soient mis en œuvre afin d’accélérer l’avènement de ce projet révolutionnaire et qu’il profite à tous. Citoyennes, citoyens, pour anéantir la dépression et sauver notre planète, signez et partagez cette pétition en masse. Notre futur sera audacieux ou ne sera pas !

  • PARLER D’ART

    PARLER D’ART

    J’ai la chatte extrêmement douce aujourd’hui… Dommage que personne n’en profite.

    Mais ça n’a aucune importance car j’adore échanger. J’adore enrichir les autres intellectuellement, c’est ma passion. De fait, je donne  mon avis, à tout le monde, tout le temps, parce que je suis une personne dynamique et ouverte d’esprit. La preuve : j’ai un avis sur tout, c’est fou! Mais au fond c’est normal, je suis très cultivée. En Art, notamment, je suis hyper calée. Saviez-vous que Rom Lichtenstaël, le peintre, était du même signe que Debusso, le compositeur ? Mais ils ne se connaissaient pas, car ils n’habitaient pas la même ville, et pourtant, détail troublant, ils avaient la même femme de ménage.

    L’Art, L’Art, l’Art, ça me transcende, je suis tellement sensible… Hyper… Une oeuvre, un auteur, une auteure, une autrice, un artiste, une artiste, je commence d’abord par le renifler, je suis dans une réaction très animale, sensuelle, proche de la chair. J’entre dans le temple du symbole, la matrice humide de la création, je caresse, je m’imprègne, j’étreins.

    Je suis certainement artiste moi-même car je crée sans cesse : des ambiances… Des saveurs étonnantes…

    Je détourne le quotidien

    Je détourne le quotidien  

    ça s’appelle : Espérances.

    Ma relation à l’Art ? Ma relation à l’Art m’épanouit énormément.

  • La Juste Violence

    La Juste Violence

    Je ne supporte ni la violence ni l’injustice. Quoi de plus révoltant, immonde, dégoûtant, que de s’en prendre à un plus faible ? À une femme par exemple. 

    Ça me rend malade. Quand j’y pense, je trouve ça insupportable. Il faudrait faire quelque chose. D’utile, de fort, de clair. Droit au but.On pourrait arracher des couilles à mains nues, ou les trancher avec une fourchette rouillée (leur propriétaire serait alors dans un premier temps immobilisé) ou crever des yeux, trancher des mains, qu’il n’y ait pas à tortiller. IL FAUT QUE LE MESSAGE SOIT CLAIR. 

    Libérons la Parole ! Pour qu’une fois pour toute, cesse la barbarie. Quand on est un être sensible, comme moi, on ne peut pas rester les bras croisés. L’intelligence du cœur commande à celle de la main (fait le geste de poignarder quelqu’un), c’est la marche naturelle des choses ! Que ceux qui ont encore une conscience dans ce pays, me rejoignent. Ensemble, nous quadrillerons la cité, de jour comme de nuit, armés de Justice et de bâtons cloutés. Pour détruire la violence, par la violence. La violence, oui, mais la Juste Violence.

  • Le CDI c’est du flan

    Le CDI c’est du flan

    On me dit souvent que j’en fais trop, je ne suis pas d’accord. J’ai pas envie de perdre ma place, me retrouver au chômage, inutile et vaine, sans but. Je me bats, jusqu’au bout. Le CDI c’est du flan, du blabla pour endormir les ballots !

    On peut toujours trouver un moyen pour se débarrasser de quelqu’un. Alors moi, j’éradique la concurrence. Avec mes petits moyens, un stylo, une feuille : hop, une lettre anonyme ! Je prends des cours d’informatique pour effacer les dossiers de mes collègues, l’air de rien. C’est ça mon arme secrète, j’ai l’air de rien, personne me remarque,  mais moi, je note tout. Personne se méfie, je fais toujours ce qu’on me demande, avec un petit plus …Je fais moi-même le ménage dans mon bureau, une fois j’ai réparé l’ascenseur.Je dis toujours que ce n’est rien, que j’aime me rendre utile, mais je me rends indispensable. Je contrôle tout. Le moment venu je serai capable de faire virer n’importe qui pour garder ma place.

    Parce que dehors c’est la jungle, une fois qu’on sort du Monde du Travail, c’est la descente aux enfers, inéluctable, on perd ses dents, on perd ses cheveux, on perd son logement, on vous prend votre chien. Petit à petit votre visage s’efface et vous finissez par ressembler à un œuf. N’importe qui peut venir vous casser pour faire une omelette !Alors très franchement, je préfère que ça arrive à quelqu’un d’autre.

  • Le diaporama de l’inconscient

    • Image associée au texte Le CDI
  • More than nude

    C’est beau une femme qui pleure

    C’est beau une femme en colère

    C’est beau une femme qui dort, abandonnée, offerte.

    Est-ce que c’est très très très beau une femme qui pleure de colère dans son sommeil ?

    Oui.

    C’est laid une femme qui fume

    C’est laid une femme qui jure

    C’est laid une femme qui boit

    Est-ce qu’une femme qui fume en pleurant, ça passe ? Oui

    Mais si elle dit en plus sale fils de sac à merde pourri je te ferai bouffer tes dents de lâche par le cul ? En fumant un cigare ?

    Non, le cigare annule tout, la beauté de la colère féminine et l’innocence des pleurs de la femme, le cigare c’est pour les ours.

    Je veux une âme parfaite. Je veux un corps parfait.

    C’est bien. La perfection est nécessaire aux femmes, tandis que le reste du monde fonctionne facilement avec du charme.

    C’est beau une femme nue. Montrez-vous nue dès que la température le permet, chaque fois que vous souhaitez faire bonne impression et charmer une assemblée.

    C’est beau une femme soumise. Pas forcément. Mais c’est plus agréable c’est certain.

    C’est beau une femme au visage symétrique car il est habité par le nombre d’or et l’or est cher, donc beau, tout ce qui est beau est cher, c’est comme ça. Une femme au visage symétrique est belle et aura tendance à ressembler à beaucoup d’autres femmes aux visages symétriques, il existe environ 3 modèles de symétrie faciale dans le monde sub-océanique caucasien, c’est peu mais cette homologation de la beauté nous permet de l’uniformiser et ainsi de dégager du temps dépensé en tergiversations inutiles. Cette femme est-elle belle ? Oui ? Non ? On mesure son visage et elle a sa réponse immédiatement, elle peut repartir la tête haute, fière de sa beauté, peut-être se montrer nue pour être conviviale et sympathique afin de célébrer cette bonne nouvelle. Si elle n’est pas belle, elle le sait également et a la possibilité d’adapter son comportement en fonction, se mettre en retrait d’avantage, pencher légèrement la tête en signe d’écoute, de disponibilité, éventuellement se montrer nue comme manifestation de bonne volonté et sourire le plus souvent possible.

    C’est beau une femme qui sourit, ça montre qu’elle est toujours de bonne humeur. En toute circonstance. Attention ! En cas de décès d’un proche ou de prise d’otage, le sourire devra être intérieur et se deviner dans les yeux ou les pommettes par exemple. Elle peut se montrer nue pour nuancer son sourire intérieur tout en détendant l’atmosphère de manière à faciliter la fluidité des rapports sociaux.

    C’est laid une femme qui bloque un ancien ami sur sa messagerie ou les réseaux sociaux, elle se laisse guider par la rancune, la rancoeur, la peur, ce sont des sentiments qui déséquilibrent la symétrie du visage, sans parler de celle de l’âme.

    C’est beau une femme remplie d’abnégation et qui pardonne en toute circonstance. Tout le monde n’a pas sa sagesse ni sa grandeur d’âme, elle l’a parfaitement compris et n’en fait pas un fromage ni des confitures, elle pardonne, sourit et passe à autre chose.

    C’est laid une femme qui s’abaisse à faire des commentaires désobligeants ou sarcastiques dans le but de prendre en défaut, pire, de ridiculiser, un ancien ami ou partenaire, un collègue, un supérieur ou un agent assermenté.

    C’est beau une femme qui danse, lascivement, car elle communie avec les êtres supérieurs, grâce aux rotations de son utérus. Si elle est nue, c’est encore mieux, pour toutes les raisons sus-citées. Elle peut sourire également, tout en fermant les yeux et en dormant, offerte, abandonnée, attention de ne pas se blesser, beaucoup d’appelées mais peu de femmes élues pour cette performance esthétique exceptionnelle. Quelques larmes, en sus, seront également les bienvenues, de même que de furtifs serrements de poings, en signe de colère contenue.

  • Manifeste poétique d’adieu au boomer

    Manifeste poétique d’adieu au boomer

    Vous nous avez tant aimées ou détestées ou méprisées ou désirées, en secret peut-être vous êtes vous masturbé.e.s en pensant à nous, à ce qu’il pouvait bien y avoir en dessous, de nos costumes, sous ma bite, derrière tes seins, entre tes mains, entre ta femme, habillée, alors tu dis par précaution ça me gratte vachement tu veux bien regarder c’est peut-être une infection…

    Ça tombe bien ta femme est pharmacienne, elle ne voit rien, peut-être le stress, un peu d’eczéma, c’est vilain mais pas méchant, ta bite à la main ça la fait rire, toi tu repenses à nous et tu bandes un peu, ça lui fait plaisir, vous retrouvez votre intimité, presque enterrée grâce à nous malgré tout.

    On comprend rien. Quand on écrit de la poésie on s’appelle Transhumance, quand on fait de la performance on s’appelle Le point le V, tout le monde sait ça, si c’était vraiment sérieux, non mais si c’est vraiment sérieux, c’est quand même grave parce que la femme à poil on n’y touche pas, elle est à nous et elle parle pas. À la rigueur elle sourit dans le clair-obscur, elle se fait enlever par ci par là dans plein de tableaux ou elle dort, ou elle prie, la bouche ouverte ou elle porte un enfant dans ses bras, parfois elle caresse un chat, mais là ça veut dire quoi ? Des femmes habillées en femmes à poil, puis des hommes aussi habillés en femme à poil et puis des femmes habillées en femme à poil mais avec une bite et des hommes habillés en femme à poil mais avec une bite wow ! Ça va bien 5 minutes !

    Pourtant rien, pas un like pas un partage, même avec ton compte sous-marin, celui avec lequel tu t’abonnes et te désabonnes compulsivement, c’est un amour honteux que tu nous voues, depuis des années maintenant. Mais ne t’inquiète pas, pauvre boomer, c’est bien normal, une femme à poil, c’est fait pour ça, c’est un objet, elle a beau dire le contraire sur tous les tons de toutes les manières, tatata quand on s’appelle comme ça c’est qu’on aime ça la bite à papa pas la peine de vous faire un dessin je dis ça je dis rien. Je ne commente pas j’ai peur de passer pour un con, on dirait des femelles intellectuelles qui n’en n’ont rien à branler de se faire sauter, par moi en tout cas et j’ai demandé mon pote aussi s’est fait recaler.

    Et maintenant quoi ? Une bite sur l’épaule un sein sur la cuisse une vulve en part de pizza ça ne nous regarde pas ce qu’il se passe dans votre tête, laissez nos enfants tranquilles ! Rendez-nous Catherine Lara ! Qu’on en finisse, Nostalgie, viens nous chercher, emporte-nous au pays rêvé de la Playmate et de Mamie Nova, des nichons, de la mousse au chocolat et des bermudas, c’est ça qu’on veut ! Le reste, cette espèce de manège qui s’agite et qu’on appelle le monde, la marche des choses, l’évolution de la société, ça ne nous concerne pas. On n’a pas fait tout ça pour RIEN on n’a pas voté Bois Bandé toute notre vie pour des clous !

    N’aie pas peur Boomer, le collectif Famapoil c’est bien fini, ne crains rien, le Groupe Performatif Famapoil s’arrête aussi. Tu peux dormir sur tes deux oreilles, Durcir_93, Lololilassmack, Transhumance#officiel et Lepointlev dépassent les trois mille abonnés, maximum respect.

    Adieu Famapoil, Ta famille, tes amis, tes collègues, tous ceux qui t’ont connue et appréciée… Tout le monde est là. Nous sommes tous là pour te dire adieu et te rendre un dernier hommage. Nous allons tous nous rendre sur ton compte Instagram (ta page fb) et nous abonner. Nous allons tout liker en souvenir de toi et partager ces souvenirs. Si forts. Si beaux. Ensemble. À présent que tu es morte nous pouvons t’aimer tranquille, merci d’avoir fait cet effort. Il vous faudra certainement très longtemps avant de réaliser que nous sommes parties, que nous n’aurons plus nos discussions interminables, nos petites chamailleries, que nous n’irons plus ensemble faire du canoë. Il vous faudra certainement très longtemps… Toute la vie même. Nous ne vous oublierons jamais.